Compilation d’articles sur la réutilisation des masques (Coronavirus)

 La compilation d'article ci-dessous a été traduite à partir du site de l'AEHI (Asocicion Espanola de l'Higiene Industrial). Pour consulter l'article original qui sera mis à jour régulièrement :

https://www.aehi.es/2020/03/28/recopilacion-de-articulos-sobre-la-reutilizacion-de-mascarillas-coronavirus/

La AEHI sur sa page web propose un résumé des articles les plus pertinents en relation avec la désinfection des masques dans le but d’informer sur la possibilité de réutiliser les masques, spécialement pour le personnel sanitaire, dans le contexte de lutte contre le COVID-19, dans les centres dans lesquels il n’en existe pas suffisamment pour répondre à tous les besoins. Chaque résumé contient le lien pour obtenir l’article original. Ce document sera actualisé périodiquement sur le site.

 

1.- Dutch National Institute for Public Health and the Environment (RIVM). Reuse of FFP2 masks. 16 maart 2020,

Disponible sur:  https://www.rivm.nl/en/documenten/reuse-of-ffp2-masks

L’étude a été réalisée avec des masque 3M FFP2 NR D (type 8822) nouveaux. Ils sont fabriqués principalement avec du polypropylène et ne contiennent pas de cellulose.

Divers procédés de stérilisation sur eté obtenus avec les résultats suivants:

Processus

Déformation du masque oui/ non

Test d’ajustement(*) +/-

Contrôle

N/A

+ (162)

1. Lavé (60 °C) sin détergents/ désinfectant

No

– (60)

2. Lavé (90 °C) sin détergents

Yes

N/A

3. Lavé (90 °C) con

Yes

N/A

4. Stérilisation peroxyde d'hydrogène (1x)

No

+ (151)

Stérilisation peroxyde d'hydrogène (2x)

No

+ (103)

Stérilisation peroxyde d'hydrogène (3x)

No

– (28)

Stérilisation peroxyde d'hydrogène (4x)

Si

N/A

5. Stérilisation vapeur d’eau(134 °C)

Si

N/A

 (*) Une valeur d'essai moyenne supérieure à 100 (= rapport entre le nombre de particules à l'extérieur et à l'intérieur du masque) indique que le masque retient une quantité suffisante de particules et que l'ajustement du masque est adéquat

L'étude montre que les masques FFP2 ont conservé leur forme et ont pu retenir les particules après 2 cycles de stérilisation au peroxyde d'hydrogène.

L'étude montre que les masques FFP2 ont conservé leur forme et ont pu retenir les particules après 2 cycles de stérilisation au peroxyde d'hydrogène.

Les auteurs indiquent qu'un seul type de masque, FFP2, a été testé. D'autres peuvent contenir de la cellulose et leur présence peut être une limitation lors de l'utilisation de peroxyde d'hydrogène. Cependant, une première étude exploratoire (sans test d'ajustement) à l'hôpital Martini de Groningen (Pays-Bas) n'a pas révélé de problème de stérilisation des masques contenant de la cellulose à l'aide de peroxyde d'hydrogène.

 

2.- Lowe J. et al. N95 Filtering Facemask Respirator Ultraviolet Germicidal Irradiation (UVGI) Process for Decontamination and Reuse.

Disponible sur : https://www.nebraskamed.com/sites/default/files/documents/covid-19/n-95-decon-process.pdf

Décrit en détail un protocole de désinfection des masques par UV (irradiation germicide ultraviolette (UVGI). Fait référence à plusieurs études qui ont montré que les UV inactivent les virus respiratoires humains, y compris les coronavirus, dans divers modèles de FFR N95. Les niveaux d'intensité UV requis pour la désinfection sont bien inférieurs au niveau d'irradiation, ce qui affecte négativement les caractéristiques d'ajustement et de filtration du FFR N95. Le protocole n'indique pas combien de cycles de désinfection UV peuvent être appliqués aux masques sans affecter leur ajustement et leur capacité de filtrage.

 

3.- Lore M. et al. Effectiveness of Three Decontamination Treatments against Influenza Virus Applied to Filtering Facepiece Respirators. Ann. Occup. Hyg., Vol. 56, No. 1, pp. 92–101, 2012.

3 méthodes de désinfection des masques (FFR N95) ont été étudiées. Désinfection par UV (irradiation germicide ultraviolette (UVGI)), vapeur d'eau générée en micro-ondes pendant 2 minutes (la température de la vapeur n'est pas claire, ni la puissance appliquée au micro-ondes) et vapeur d’eau à 65 ° C dans un four pendant 20 minutes. Les trois méthodes se sont avérées efficaces pour désinfecter les masques, bien que la méthode UVGI ait entraîné des niveaux inférieurs d'ARN viral. Il n'y a pas eu de réduction significative des performances de filtration sur les masques. Il convient de noter qu'ils n'ont évalué que l'effet sur les performances du masque d'un seul traitement de désinfection.

 

4.- Final Report for the Bioquell Hydrogen Peroxide Vapor (HPV) Decontamination for Reuse of N95 Respirators. N95 FFR Decontamination for Reuse Final Report. July 22, 2016.

Disponible sur : https://www.fda.gov/media/136386/download

Il a été étudie l'effet sur les masques de désinfection au moyen de vapeurs de peroxyde d'hydrogène (VPH). Le masque N95 FFR (modèle 1860 (3M)) a été utilisé pour les expériences. Aucune réduction des performances du masque n'a été observée après l'application de 10 – 20 traitements 10-20 VPH en évaluant l'efficacité de la collecte d’aérosol inerte, l'efficacité de la collecte d’aérosol biologique, la résistance à l'inhalation et l'ajustement du masque de tête du mannequin. Les auteurs recommandent de caractériser l'impact de la décontamination par VPH sur les performances des autres marques / modèles N95 FFR. Différents masques peuvent avoir différents moyens de filtration qui sont affectés différemment par la désinfection par le VPH.
 
 

5. W.B. Salter,1 K. Kinney,1 W.H. Wallace,1 A.E. Lumley,1 B.K. Heimbuch,1 and J.D. Wander2 . Analysis of Residual Chemicals on Filtering Facepiece Respirators After Decontamination Journal of Occupational and Environmental Hygiene, 7: 437–445. August 2010

Disponible sur : https://doi.org/10.1080/15459624.2010.484794

Sont étudiée les quantités résiduelles des produits chimiques désinfectants utilisés pour la décontamination de 6 types de masques. Cette étude a été réalisée sur 7 technologies de décontamination. Les valeurs trouvées sont bien inférieures aux valeurs limites environnementales.
 
Les 7 technologies de décontamination sont: peroxyde d'hydrogène (3%), hypochlorite de sodium (0,6%), mélange d'oxydants (10% oxone, 6% chlorure de sodium, 5% bicarbonate de sodium), diméthyldioxirane, oxyde d'éthylène, peroxyde d'hydrogène lumière vaporisée et UV (254 et 302 nm).
 
 
La conclusion est que 6 des 7 technologies de décontamination ne laissent pas de résidus dans les masques en quantités importantes. Le traitement à l'oxyde d'éthylène laisse des résidus de 4-hydroxy-4-méthyl-2-pentanone et des traces d'acétate de 2-hydroxyéthyle.
 
 
Les masques traités à l'eau de Javel ont laissé une odeur résiduelle et gênante et peuvent être problématiques pour les asthmatiques. Il est également corrosif pour les parties métalliques des masques, de même pour les produits oxydants. Le diméthyldioxirane a accumulé des résidus blancs.
 
En conclusion, il s'agit d'une première étude, la majorité des méthodes ne semblent pas présenter de risques pour la santé, mais les résultats n'approuvent aucune méthode de décontamination des masques.

Cuadro resultados

 

6.- DENNIS J. VISCUSI, MICHAEL S. BERGMAN, BENJAMIN C. EIMER and RONALD E. SHAFFER. Evaluation of Five Decontamination Methods for Filtering Facepiece Respirators. Occup. Hyg., Vol. 53, No. 8, pp. 815–827, 2009

Disponible sur : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2781738/

Dans cette étude il a été étudié l’effet de différentes méthodes de désinfection sur différents modèles de masque (N95 FFR, N95-A, N95-B y N95-C) et différents modèles de masques chirurgicaux (N95 SN95-D, SN95-E y SN95- F).

·         L'hypochlorite de sodium

Immersion pendant 30 minutes dans une solution aqueuse d'hypochlorite de sodium (0,6%) suivie d'une période de séchage (une nuit). Cette méthode n'a pas affecté la capacité de filtrage et la résistance à l'écoulement des masques, bien que des changements physiques aient été observés chez certains. Cette méthode n'est pas recommandée car les masques dégageaient encore du chlore après le traitement.

·         Irradiation au four à micro-ondes

Exposition pendant 2 minutes (1 minute de chaque côté du masque) au micro-ondes avec une puissance de 1100 Watt.). La capacité de filtration et la résistance au flux d'air du filtre n'ont pas été affectées. Certains composants de 2 types de masques ont fondu. La méthode d'irradiation aux micro-ondes terminée doit être améliorée avant de pouvoir être recommandée pour la décontamination et la réutilisation ultérieure

·         Irradiation germicide ultraviolette (UVGI)

Placer les masques dans une armoire à flux laminaire équipée d'une lumière UV-C de 40 W (intensité 0,18 à 0,20 mW cm2) pendant 15 minutes de chaque côté (extérieur et intérieur). Le traitement UVGI n'a pas affecté la capacité de filtration, la résistance au flux d'air ou l'apparence physique des masques.

·         Oxyde d'éthylène (EtO)

La désinfection avec EtO pendant 1 heure n'a pas affecté la capacité de filtration, la résistance au flux d'air ou l'apparence physique des masques. Il est peu probable que de la vapeur d'EtO s'échappe du masque après le traitement, car le processus de stérilisation comprend un dernier cycle d'aération de 4 heures pour éliminer le gaz EtO résiduel.

·         Peroxyde d'hydrogène vaporisé (VHP)

Il n'a pas affecté de manière significative la capacité de filtration ou la résistance au flux d'air. Le seul effet physique visible sur les masques était une légère formation de buée sur les bandelettes nasales métalliques. Les masques après traitement ne dégagent pas de vapeur de peroxyde d'hydrogène car cette substance se décompose rapidement en vapeur d'eau et en oxygène. Il faut garder à l'esprit que les masques contenant des éléments / couches filtrantes à base de cellulose / coton absorbent le peroxyde d'hydrogène et peuvent interrompre le cycle en raison de la faible concentration de vapeur de peroxyde d'hydrogène.

7.- G. Lindsley et al. “Effects of Ultraviolet Germicidal Irradiation (UVGI) on N95 Respirator Filtration Performance and Structural Integrity”. J Occup Environ Hyg. 2015 ; 12(8): 509–517.

Disponible sur : https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/15459624.2015.1018518

EPI testés : quatre modèles de masques filtrants N95.

Système de désinfection : irradiation germicide ultraviolette (UVGI), longueur d'onde primaire de 254 nm (UV-C). Le matériau du filtre a été exposé à 0, 120, 240, 470 ou 950 J / cm2; les sangles à 0, 590, 1180 ou 2360 J / cm2.

Résistance des matériaux : les doses les plus élevées d'UVGI ont considérablement réduit la résistance des couches de matériau du masque (dans certains cas> 90%), variant considérablement entre les différents modèles de respirateurs. L'effet était moindre sur les courroies : une dose de 2360 J / cm2 a réduit la résistance à la rupture des courroies de 20 à 51%.

Résistance à l'écoulement: peu d'effet.

Efficacité de filtration: petite augmentation de la pénétration des particules (jusqu'à 1,25%).

Efficacité de désinfection: L'étude ne réalise aucune étude et cite des références externes.

Conclusions: les UVGI pourraient être utilisés pour désinfecter efficacement les respirateurs en vue de leur réutilisation, mais le nombre maximal de cycles de désinfection sera limité par le modèle de respirateur et la dose d'UVGI nécessaires pour inactiver l'agent pathogène. La limite supérieure d'exposition aux UVGI lors de cycles de désinfection répétés doit être fixée par la dégradation physique du matériau du respirateur et non par la perte de capacité de filtration.

 

8.- D. Coulliette, K. A. Perry, J. R. Edwards, J. A. Noble-Wang. Persistence of the 2009 Pandemic Influenza A (H1N1) Virus on N95 Respirators.

Disponible sur : https://aem.asm.org/content/79/7/2148

Aux États-Unis, lors de la pandémie de 2009 due au virus pH1N1, la résistance et l'infectiosité du virus pH1N1 ont été évaluées dans des masques N95 dans différentes conditions d'humidité absolue (HA) (4.1105 mPa, 6.5105 mPa et 14.6105 mPa), dans des échantillons de matrice ( 2% de sérum fœtal bovin, 5 mg / ml de mucine et de milieu viral) et les temps (4, 12, 24, 48, 72 et 144 h).

Le virus a été distribué dans du matériel N95, extrait par centrifugation-filtration, et la capacité de réplication du virus a été quantifiée en déterminant la concentration du virus avec un test ELISA. Dans l'ensemble, le virus est resté infectieux pendant 6 jours, avec une perte de concentration virale d'environ 1 log pendant cette période.

Le temps et la HA affectent la survie du virus. On a trouvé des réductions significatives des concentrations virales en 24 à 72 heures (réduction de 0,52 log) et 144 h (0,74) en HA de 6,5105 mPa (0,53) et 14,6105 mPa (0,47).

Cette recherche soutient l'exclusion des masques N95 après un contact étroit avec une personne suspectée d'infection ou avec une infection confirmée en raison de la capacité démontrée du virus à persister et à rester infectieux.

 

9.- Mills D. et al. Ultraviolet germicidal irradiation of influenzacontaminated N95 filtering facepiece respirators. American Journal of Infection Control. Volumen 46, número 7 , julio de 2018 , páginas e49e55

Disponible sur : https://www.ajicjournal.org/article/S0196-6553(18)30140-8/pdf

Il a été démontré que l'irradiation germicide ultraviolette (UVGI) est efficace pour décontaminer les masques contaminés par la grippe (N95). Des réductions significatives (≥ 3 log) de la viabilité de la grippe ont été observées pour les deux conditions de saleté sur les pièces faciales. Ces données suggèrent que la décontamination et la réutilisation des FFR à l'aide d'UVGI pourraient être efficaces.

 

10.- Casanova L et al. Coronavirus Survival on Healthcare Personal Protective Equipment. Infection Control and Hospital Epidemiology. May 2010 , Vol. 31, Nº. 5

Disponible sur :  https://www.cambridge.org/core/services/aop-cambridge-core/content/view/C666673A5460A03D3BB996CDE5019C1B/S0195941700029283a.pdf/coronavirus_survival_on_healthcare_personal_protective_equipment.pdf

Ce travail a été effectué en utilisant un substitut du coronavirus du SRAS, le virus de la gastro-entérite transmissible (TGEV), pour examiner la survie et la élimination dans divers matériaux à différentes périodes de test.

Divers matériaux (morceaux de 1 cm2) ont été contaminés à 20 ° C et 50% ± 3% d'humidité relative pour simuler les conditions environnementales sanitaires:

·         robes d'isolement de contact

·         gants en latex

·         respirateurs (N95)

·         tissus d'hôpital,

·         gants en nitrile

Les concentrations virales trouvées aux temps 0, 2h, 4h et 24h ont été testées.

La survie du coronavirus dans les articles d'EPI varie selon le matériau, mais le virus était détectable dans tous les matériaux pendant au moins 4 heures et atteint 24 heures dans les respirateurs et les blouses N95, avec une perte de 3log à 24 heures.

Des charges virales ont été observées dans les aspirations nasopharyngées allant jusqu'à 4,8log10 copies PCR / ml pour la grippe et 6log10 copies / ml pour le coronavirus du SRAS, ce qui suggère que pendant les soins aux patients, ils pourraient rester dans l'EPIS en nombre de sorte qu'une réduction de 0 .5-1-log10 pendant l'utilisation laisse suffisamment pour poser un risque de transmission pendant la manipulation.

 

11.- A method to determine the available UV-C dose for the decontamination of filtering facepiece respirators. E.M. Fisher and R.E. Shaffer. Journal of Applied Microbiology 2011, 110, 287–295.

Disponible sur : https://sfamjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/j.1365-2672.2010.04881.x

Une méthode est développée pour évaluer les paramètres spécifiques au modèle pour la décontamination par UV-C des masques en utilisant des valeurs de transmittance mesurées. La transmittance UV-C à travers les couches de divers modèles de masques est quantifiée et utilisée pour calculer les doses UV-C spécifiques pour chaque modèle.

EPI éprouvé: six modèles de masques filtrants N95.

Système de désinfection: UV-C.

Agents étudiés: American Type Culture Collection (ATCC), milieu 271 pour la culture d'Escherichia coli.

Efficacité de désinfection: Les temps d'exposition calculés pour atteindre une dose dans le milieu filtrant interne pour atteindre une valeur de 1000 J m-2 pour chaque modèle avec une irradiation de 25 W m-2 variaient entre 266 à 2 min. Dans ces conditions, le logarithme de réduction des agents pathogènes variait entre 2,9 et 3,6 pour les différents masques utilisés.

Conclusions: le rayonnement UV-C appliqué aux masques est transmis, réfléchi ou absorbé par les fibres du substrat multicouche. La transmission du rayonnement à travers les couches se produit à travers les interstices et les pores entre les fibres du matériau. Les matériaux des couches intérieure et extérieure sont plus poreux que le matériau de la couche intérieure. Cette porosité permet au rayonnement UV-C d'atteindre la couche interne.

 

12.- Tseng CC, Li CS.. Inactivation of Viruses on Surfaces by Ultraviolet Germicidal Irradiation. Journal of Occupational and Environmental Hygiene, 4: 400–405

Disponible sur : https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/15459620701329012  

Les doses de rayonnement ultraviolet (UV) nécessaires pour réaliser l'inactivation du virus sur les surfaces ont été étudiées. L'étude a été réalisée dans le même milieu en considérant différents types de virus (ARN et ADN à chaîne simple et double).

La dose requise pour une inactivation à 90% variait de 1,32 à 8,13 mJ / cm2, avec la valeur la plus faible pour les virus à ARN simple brin et la valeur la plus élevée pour les virus à ADN double brin. Le doublement des doses a conduit, dans tous les cas, à une inactivation de 99%.